jeudi 12 avril 2012

Buenos Aires, le vendredi 9 mars à 5h45

Je sors de l’aéroport de Buenos Aires en compagnie du chauffeur de taxi qui mon ami Lucho avait envoyé. Trois quarts d’heures plus tard, me voilà dans son joli appartement à Belgrano, un quartier résidentiel dans le nord-est du centre de la capitale. A peine quatre heures plus tard, je me présente à mon tout premier cours de tango au Centro Cultural Borges (Escuela Argentina de Tango). Puis, après un déjeuner rapide, j’entame mon deuxième cours, suivi par un cours particulier avec un professeur que j’avais déjà rencontré lors de mon premier voyage en Argentine, il y a 1,5 ans. Ca y est, le virus s’est emparé de moi… Le soir, bien sur, asado (bbq argentin) avec des amis à Lucho, puis à 1h du mat, je me plonge dans un sommeil profond…

Buenos Aires, le samedi 10 mars

Le lendemain matin, dans le jolie quartier de San Telmo, Lucho et moi, prenons un cours particulier avec une professeur de tango avec qui j’avais déjà pris des cours en juillet 2010. Après le cours, je fais la touriste avec Lucho, on se promène dans le marché de puce et on part désespérément à la recherche de Mafalda (Coro, je la trouverai bien un jour ;), puis on déjeune dans un petit restaurant. Quand on repart en voiture et que je lui parle de ce virus horrible dont je souffre (la tangomania), il n’hésite pas et me conduit au Centre Cultural Borges...



Je prends un cours de milonga et un cours de tango, puis je rentre me rafraichir, pour repartir aussitôt à Palermo, le quartier branché de BsAs. La soirée ne fait que commencer après quelques margeritas, des tacos et des nachos… bien que je me balade avec mes chaussures de tango, je suis en compagnie des Argentins qui ne dansent pas le tango et quand on passe à côté d’une super boite de tango (la Veruta) je vois me chances diminuer quand on continue pour retrouver des amies argentines.

Les filles argentines, ça c’est toute une chose, j’en parlerai une autre fois… On boit du Fernet (une boisson importée en début du 20e siècle par les immigrés Italiens, mélangé avec du coca, c’est une des boissons favorites des Argentins) et mes lumières s’éteignent, mais vers minuit la nuit ne fait que commencer à BsAs… On repasse à côté de la Veruta, j’y fais un saut… quand même, je ne suis pas à BsAs pour rien !!



Buenos Aires district, la pampa, le dimanche 11 mars

Le lendemain matin, on part vers 11h vers la maison de campagne des parents de Lucho. Il m’avait dit que je n’étais pas obligée de venir, qu’il n’y allait avoir que des potes. Je pensais qu’il avait invité six amis, mais en réalité il y en avait dix de plus. Seize Argentins, ce ne sont pas seize hommes, mais seize mâles argentins. Et ça fait beaucoup et encore plus pour une petite pseudo Parisienne. Il y a une piscine, heureusement j’ai oublié mon maillot de bain. Ca parle foot et femmes, et moi je retrouve refuge dans un livre. Le Great Gatsby. Entourée de 16 mecs portant des t-shirts avec des rayures bleues claires-blanches et consammant sans modération du Fernant, j’ai l’impression de faire ma snob avec Fitzgerald, mais c’est tout de même un bon refuge...

Voilà que je suis bien sur ma chaise longue en dessous d’un parasol, bien au calme en face de la piscine. Quand c’est le moment de passer à table, je respire un bon coup avant d’annoncer que je ne mange pas de viande... Un petit silence, puis je rajoute qu’en revanche j’aime bien le vin, on me sert, et les carnivores attaquent la viande délicieusement cuite (à ce qu’il paraît) sur le feu de bois. Moi, je me remplis le bide de salade et de légumes grillés. Je crois pas que je vais grossir ici. J’essaie de compenser un peu avec du dulce de leche, que l’on mange à la cuillère, comme du Nutella.



Les hommes partent jouer au foot et moi je me replonge dans Gatsby le Magnifique… J’en profite de ce moment car ce soir il y a un match de foot important : les Boca Juniors contre Independiente, c’est du style PSG-Olympic Marseille… Y a pas que du tango à BsAs… Demain, je m’envole pour Calafate… le sud, sud, sud – le tout début de l’antarctique (en gros…)
Le mercredi 14 mars

Sur la route 40 en Patagonie du sud dans la province de Santa Cruz

Je ne sais pas où je suis, oui dans un bus, mais je ne suis pas sure s’il va bien me déposer là où je devrais aller une estancia qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville Gobernador Gregores où le bus devrait faire un arrêt exceptionnel. Gobernador est située au centre de la province de Santa Cruz, dans le sud de la Patagonie.

Le problème c’est que le bus peut prendre deux itinéraires différents pour arriver à la ville de Perito Moreno, sa destination finale qui est à quelques 500 kilomètres de son point de départ. Le premier itinéraire passe par Gobernador et le deuxième passe par ailleurs… J’ai informé le chauffeur de bus, mais à cause des intempéries de ces derniers jours, certaines routes sont bloquées. Ça aurait bien si je parlais et comprenais un peu mieux l’espagnol…

Je viens de passer deux jours dans la ville toute au sud de la Patagonie : El Calafate. C’était un passage obligé car l’aéroport de Calafate est le plus près de l’estancia où je vais passer trois semaines. Enfin, la proximité est un terme assez large ici car depuis Calafate il m’attend un trajet de sept heures de bus afin d’arriver dans mon lieu de retraite…



Une retraite, c’est carrément ça ce qui m’attend car lorsque je regarde autour de moi, je vois un paysage étendue, mais complètement désertique. L’image qui défile est exactement celui du film Diarios de Motocicleta… Che Guevara et son pote Ernesto sont passés par ici, la Ruta 40. Cette fameuse route qui traverse de façon verticale l’Argentine se voit bitumer, mais la partie où je me trouve en ce moment est encore en terre battue.

De temps en temps un guanaco (lama) traverse en plein galop la route et ici là, on aperçoit de loin des troupeaux de brebis et de chevaux. En quatre heures, on a croisé exactement quatre voitures. Parfois, on voit sur le côté de la route un petit panneau avec le nom de l’estancia à qui appartient les terres, mais on aperçoit ni âme ni refuge…. Il n’y a donc rien. Pas de villages, pas de maisons et d’ailleurs pas de stations d’essence non plus, juste ce paysage où le vent rafle si fort…



Les bus en Patagonie parcourent des distances énormes et ne s’arrêtent pas souvent, logique car il n’y a pas de villages pour déposer des passagers où pour en récupérer. En revanche, cela ne dérange pas les chauffeurs de faire des arrêts exceptionnels, mais dans mon cas il faut vraiment que je sois sûre de l’endroit, sinon je risque de me trouver abandonnée au bord d’une route déserte… Sans portable, sans carte, sans eau, je me fais tout un film, dans lequel je serai sauvée par un bel homme en moto qui me dira de monter derrière. A toute à l’allure, les cheveux dans le vent, il me dépose alors saine et sauve à l’estancia…

Quelques heures plus tôt sur la route entre Calafate et Chalten

Cela fait deux heures que je suis dans un bus qui devait me déposer à Chalten (à 200 km de Calafate) où je devais prendre un autre bus en direction de la ville de Perito Moreno. Le départ de ce deuxième bus est prévu à 10h, mais il est déjà 10h35… Comment vais-je faire ? Je regarde de nouveau sur mon billet de bus et comprend maintenant pourquoi il y a écrit dessus "Importante : Cruce Ruta 40". En effet, le chauffeur aurait dû me déposer au croisement entre la route 40 et la route XX, là où il a bifurqué à gauche pour aller à Chalten et où il a quitté la Ruta 40.

Logiquement, le deuxième bus est déjà parti et on doit le croiser ici peu, car le bus est bien obligé de passer par ici avant de s’engager sur la Ruta 40 pour aller au nord. Je vais voir le chauffeur et lui explique le problème. Il me dit que je n’ai pas à me faire de soucis, qu’il arrêtera le deuxième bus quand on le croise. Je suis soulagée car ce deuxième bus ne circule que deux fois par semaine. A peine cinq minutes plus tard, on voit le bus arriver de loin.

Je prends mes affaires, mon bus s’arrête, mais l’autre continue à toute vitesse. Je lance un regard inquiète au chauffeur qui me rassure de nouveau "ne t’inquiète pas, je fais demi-tour, on va le rattraper". Chouette, il va y avoir un peu d’action. En revanche, je me sens un peu mal pour les 40 et quelques autres passagers qui se voient allonger leur trajet de bus. Quinze minutes plus tard, j’ai changé de bus et encore vingt minutes plus tard, on reprend la Ruta 40 en direction du nord…



Le mardi 13 mars

Glacier Perito Moreno


Quel merveille ce glacier… il faut l’avoir vu en vrai pour s’en rendre compte de son immensité. A côté de ce bloc de glace, qui fait environ 250 km2, on se sent néant. Le côté du glacier que l’on peut voir depuis le parc national Los Glaciares à une hauteur d’environ 170 mètres dont 100 qui sont sous l’eau!!

J’étais impressionnée par sa couleur aux tons bleus qui change en fonction du jeu du soleil et de l’ombre, par le spectacle sonore et visuel produit par les chutes de blocs de glace dans l’eau et des blocs qui se détachent au-dessous de l’eau et resurgissent ensuite avec une vitesse énorme de l’eau. Ensuite ils flottent tranquillement comme des pierres précieuses énormes que le soleil fait briller.



Le lundi 12 mars

Gaucha


J’ai profité des magasins à Calafate pour trouver une vraie de tenue de gaucha ! Une bombacha, pantalon d’équitation, et un béret (oui ça se porte ici aussi) car les chapeaux de cowboys ne sont pas très pratique dans cette région dominée par le vent. Voilà, je suis prête !



Le jeudi 15 mars

Ca y est, je suis dans l’estancia… Ce n’est pas le motard qui m’a déposé, mais le chauffeur de bus, donc tout s’est bien déroulé comme prévu. Ce matin, on a fait une première sortie dans les collines, demain à 7h, je pars compter les brebis avec un gaucho (le domaine fait 1800 hectares) puis on part dans le parc de Perito Moreno pour voir d’autres estancias et de rencontrer d’autres gauchos…

Buenos Aires, le 6 avril 2012

Précisément à 19h30 le taxi arrive en bas. Lucho et Nacho me disent au revoir et je les remercie pour leur accueil chaleureux et le fun que nous avons eu à Buenos Aires. “Ciao los amigos, suerte”, et je monte dans le véhicule. Une mélodie déprimant résonne des baffes du taxi, me donnant l’impression de partir pour un enterrement et non pas à l’aéroport Ezeiza. Mon voyage en Argentine se termine là.

J’espère fortement que le chauffeur de taxi change de cassette, mais apparemment il est dans un état d’esprit mélancolique, ou bien il aime tout simplement ce genre de musique classique triste. Pendant les 50 minutes du trajet, je suis envahie par mon manque de sommeil causé par les nuits blanches passées à la capitale argentine. A Buenos Aires, la vie continue la nuit, les Porteños semblent faits pour la vie nocturne, ou mieux : ils transforment chaque nuit en une fiesta.

Cet après-midi j’étais au Campo Argentino de Polo, selon les Porteños le meilleur terrain de polo au monde, pour assister au match Chili –Angleterre, tandis que ce matin, après une courte nuit de sommeil car j’avais dansé jusqu’à l’aube au Club Villa Malcolm, j’avais mon dernier cours de tango… La semaine entière passée à Buenos Aires s’est déroulée ainsi entre tango, polo et site-seeing.

J’avais prévu de passer trois semaines en Patagonie et de revenir à Buenos Aires deux jours avant mon départ en France, mais cette région austère du sud de l’Argentine était finalement un peu trop rude pour cette gaucha parisienne, le monde « civilisé » me manquait un peu trop.



Dans tous les sens du terme, je peux dire que la Patagonie est énorme. Le paysage est tellement étendu qu’on a l’impression d’être dans un panorama magnifique qui change de couleur au rythme des nuages gigantesques qui, balayés par le vent, changent de formes constamment laissant des ombres et des éclairs de soleil immenses sur la steppe patagonienne. Chaque estancia comprend plusieurs milliers d’hectares de terres sur lesquelles des troupeaux de brebis, de vaches et de chevaux broutent tranquillement, les gauchos (les ouvriers de l’estancia car les propriétaires des campos habitent la plupart du temps à Buenos Aires) y mènent une vie extrêmement solitaire.

La Patagonie est rude, le vent y souffle tellement fort que par moment on ne sait pas comment rester debout. Il y fait froid et, faute de pluie, les terres sont sèches et extrêmement poussiéreuses. Seuls quelques buissons rigides y résistent transformant le paysage en une steppe étendue, délimité par la cordillère des Andes.

Des lama’s (guanacos), des autruches (nandous), des renards gris, des lévriers (maras), des tatous (armadillos) et des pumas habitent cette steppe tandis que des condors et des aigles y volent dans l’air et que des flamands roses, des oies et cygnes sauvages pêchent dans les lacs et d’autres cours d’eau. Une faune qui donne l’impression de faire un safari quand on parcourt cette steppe à cheval.



Avant de partir en Patagonie, je pensais que cette région désertique était pour moi l’endroit idéal pour prendre l’air et changer d’idées. En quelque sorte, ça l’était : je rentre riche d’expériences intéressantes grâce aux travaux que j’ai effectués avec les gauchos. On a rassemblé des troupeaux de brebis, des chevaux sauvages (il fallait sept caballeros et six heures pour rassembler sept juments dans un paddock – deux jours plus tard, elles ont été transportées à l’abattoir).

J’ai aidé à séparer une centaine de veaux de leurs mamans pour les vacciner, leur mettre des oreillettes et pour les marquer – par la suite, les gauchos ont organisé des rodéos sur ces jeunes bêtes, cela m’a bien dégoûtée !!! Avec gaucho Alberto de l’estancia à Gobernador Gregores, j’ai parcouru les steppes pendant des heures et des heures pour trouver un puma – en vaine. Et gaucho Félix du parc national Perito Moreno, m’a montré tous les merveilles de cette magnifique réserve naturelle de 115.000 hectares.



Pendant dix jours, Félix m’avait hébergée dans son piaule où je dormais dans un vieux lit superposé, me réveillant chaque matin le nez gelé. Félix était alors déjà debout et avait allumé sa cuisinière lui servant en même temps de chauffage, sur lequel chauffait une grosse bouilloire d’eau. Je mettais alors trois couches de vêtements et le rejoignais. Il buvait alors son maté (traditionnel thé argentin) tandis que je me faisais un café soluble. Puis on mangeait une torta (pain typique des gauchos, frit dans la graisse de mouton). A travers la fenêtre, je regardais le soleil se lever derrière la montagne. Chaque matin débutait ainsi. Et chaque jour, Félix me montrait à cheval un nouvel endroit fabuleux de ce merveilleux coin au cœur de la Patagonie.



Voilà, ça c’était le côté formidable, le côté rêve du voyage. Le côté moche et détestable de l’histoire, c’est que le gringo de l’estancia auprès de qui, sur les conseils d’une copine de copine (méfiez-vous toujours si vous ne connaissez pas la personne en question !!!), j’avais réservé et payé mon voyage :(notez bien…) "séjour de trois semaines pension complète, incluant une chambre d'hôtel confortable, les repas [végétariens] et le cheval à volonté", était un vrai loser. Un cas social. Un frustré sexuel.

Cet amateur n’avait pas comme objectif d’offrir à sa cliente un séjour agréable pour qu'elle puisse - comme convenu - "passer quelques temps dans une estancia pour en apprendre plus sur la vie des gauchos et pour faire du travail de cow girl sur un cheval", il me voyait comme une potentielle petite aventure. Dès mon arrivée à l’estancia, j’avais compris ses intentions et le deuxième jour je lui ai expliqué très clairement que son envie n’était pas du tout partagée. Résultat : j’ai changé en un objet de plaisir en un objet d’ennui dont il voulait se débarrasser au plus vite. Et cela, il me l’a bien fait comprendre… Le dernier jour de mon séjour à l'estancia il m’a même jeté dehors !



On venait de passer deux nuits dans sa deuxième estancia où on était allés pour rassembler un troupeau de juments avec leurs poulains. Le travail à cheval était excellent, mais le séjour clochait dans tous les sens : l’estancia était invivable : pas d’électricité, pas d’eau potable (enfin, selon lui c’était potable, mais l’eau trouble qui sortait du robinet de la cuisine ne me tentait pas…), pas d’eau courante dans les salles de bains, pas de toilettes utilisables, pas de papier cul non plus d’ailleurs (il avait oublié…), des chambres poussiéreuses avec de vieux lits équipés de matelas qui datait de l’avant guerre et qui étaient plein de trou d’où sortait de laine de mouton infecte, des oreillers pleins de taches de sang.

La nourriture consistait de viande de mouton, des pâtes et des conserves. Passé trois jours dans des conditions pareilles n’est pas un problème en soi, mais si on paie pour des prestations citées ci-dessus, cela est inacceptable – pour moi. J’avais de plus en plus l’idée d’être arnaquée et cela me mettait en rage.

Au retour de ces trois jours de "camping sauvage", lorsque je lui ai fait une remarque sur ces conditions d’accueil, il a pété les plombs. Je le stressais, je serais une fille gâtée, une nana qui n’arrêtait pas de se plaindre, qui n’était jamais contente. Une peste. Pendant tout mon séjour, j’aurais pourri la vie non seulement de lui, mais aussi de tous les autres : les gauchos et les volontaires - qu’il traitait d’ailleurs comme des esclaves. Personne ne me supporterait plus. Il en avait assez et m’a montré la porte. J’avais tout juste le temps de prendre une douche (je ne m’étais pas lavée pendant trois jours…) et de ramasser mes affaires.

Dans la maison des gauchos, j’ai attendu le taxi qui allait me ramener à ville la plus proche (à 50 kilomètre) où j’allais prendre le bus de nuit pour me rendre à Rio Gallegos, dans le sud de la Patagonie, d’où partait le lendemain matin mon vol pour Buenos Aires. Gaucho Alberto m’a servi un grand verre de whiskey et m’a rassurée : “El gringo esta un cabron”, un type misérable, un radin, un mesquin… "Tous ceux qui viennent ici repartent aussi tôt mettant une croix dessus".



Voilà, ainsi mon voyage était en quelque sorte comme la Patagonie : aussi sauvage et rude que splendide et magnifique… Un panorama plein de couleurs pures, mais aussi une tempête qui a duré trois semaines et pendant lesquelles j’ai dû m’accrocher pour rester debout. Maintenant, il est temps de digérer tout cela, de défaire certains nœuds causés par le vent, mais avant tout de polir les souvenirs inoubliables que je garde des gauchos.

Merci Félix et Alberto !