Le mercredi 14 mars
Sur la route 40 en Patagonie du sud dans la province de Santa Cruz
Je ne sais pas où je suis, oui dans un bus, mais je ne suis pas sure s’il va bien me déposer là où je devrais aller une estancia qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville Gobernador Gregores où le bus devrait faire un arrêt exceptionnel. Gobernador est située au centre de la province de Santa Cruz, dans le sud de la Patagonie.
Le problème c’est que le bus peut prendre deux itinéraires différents pour arriver à la ville de Perito Moreno, sa destination finale qui est à quelques 500 kilomètres de son point de départ. Le premier itinéraire passe par Gobernador et le deuxième passe par ailleurs… J’ai informé le chauffeur de bus, mais à cause des intempéries de ces derniers jours, certaines routes sont bloquées. Ça aurait bien si je parlais et comprenais un peu mieux l’espagnol…
Je viens de passer deux jours dans la ville toute au sud de la Patagonie : El Calafate. C’était un passage obligé car l’aéroport de Calafate est le plus près de l’estancia où je vais passer trois semaines. Enfin, la proximité est un terme assez large ici car depuis Calafate il m’attend un trajet de sept heures de bus afin d’arriver dans mon lieu de retraite…
Une retraite, c’est carrément ça ce qui m’attend car lorsque je regarde autour de moi, je vois un paysage étendue, mais complètement désertique. L’image qui défile est exactement celui du film Diarios de Motocicleta… Che Guevara et son pote Ernesto sont passés par ici, la Ruta 40. Cette fameuse route qui traverse de façon verticale l’Argentine se voit bitumer, mais la partie où je me trouve en ce moment est encore en terre battue.
De temps en temps un guanaco (lama) traverse en plein galop la route et ici là, on aperçoit de loin des troupeaux de brebis et de chevaux. En quatre heures, on a croisé exactement quatre voitures. Parfois, on voit sur le côté de la route un petit panneau avec le nom de l’estancia à qui appartient les terres, mais on aperçoit ni âme ni refuge…. Il n’y a donc rien. Pas de villages, pas de maisons et d’ailleurs pas de stations d’essence non plus, juste ce paysage où le vent rafle si fort…
Les bus en Patagonie parcourent des distances énormes et ne s’arrêtent pas souvent, logique car il n’y a pas de villages pour déposer des passagers où pour en récupérer. En revanche, cela ne dérange pas les chauffeurs de faire des arrêts exceptionnels, mais dans mon cas il faut vraiment que je sois sûre de l’endroit, sinon je risque de me trouver abandonnée au bord d’une route déserte… Sans portable, sans carte, sans eau, je me fais tout un film, dans lequel je serai sauvée par un bel homme en moto qui me dira de monter derrière. A toute à l’allure, les cheveux dans le vent, il me dépose alors saine et sauve à l’estancia…
Quelques heures plus tôt sur la route entre Calafate et Chalten
Cela fait deux heures que je suis dans un bus qui devait me déposer à Chalten (à 200 km de Calafate) où je devais prendre un autre bus en direction de la ville de Perito Moreno. Le départ de ce deuxième bus est prévu à 10h, mais il est déjà 10h35… Comment vais-je faire ? Je regarde de nouveau sur mon billet de bus et comprend maintenant pourquoi il y a écrit dessus "Importante : Cruce Ruta 40". En effet, le chauffeur aurait dû me déposer au croisement entre la route 40 et la route XX, là où il a bifurqué à gauche pour aller à Chalten et où il a quitté la Ruta 40.
Logiquement, le deuxième bus est déjà parti et on doit le croiser ici peu, car le bus est bien obligé de passer par ici avant de s’engager sur la Ruta 40 pour aller au nord. Je vais voir le chauffeur et lui explique le problème. Il me dit que je n’ai pas à me faire de soucis, qu’il arrêtera le deuxième bus quand on le croise. Je suis soulagée car ce deuxième bus ne circule que deux fois par semaine. A peine cinq minutes plus tard, on voit le bus arriver de loin.
Je prends mes affaires, mon bus s’arrête, mais l’autre continue à toute vitesse. Je lance un regard inquiète au chauffeur qui me rassure de nouveau "ne t’inquiète pas, je fais demi-tour, on va le rattraper". Chouette, il va y avoir un peu d’action. En revanche, je me sens un peu mal pour les 40 et quelques autres passagers qui se voient allonger leur trajet de bus. Quinze minutes plus tard, j’ai changé de bus et encore vingt minutes plus tard, on reprend la Ruta 40 en direction du nord…
Le mardi 13 mars
Glacier Perito Moreno
Quel merveille ce glacier… il faut l’avoir vu en vrai pour s’en rendre compte de son immensité. A côté de ce bloc de glace, qui fait environ 250 km2, on se sent néant. Le côté du glacier que l’on peut voir depuis le parc national Los Glaciares à une hauteur d’environ 170 mètres dont 100 qui sont sous l’eau!!
J’étais impressionnée par sa couleur aux tons bleus qui change en fonction du jeu du soleil et de l’ombre, par le spectacle sonore et visuel produit par les chutes de blocs de glace dans l’eau et des blocs qui se détachent au-dessous de l’eau et resurgissent ensuite avec une vitesse énorme de l’eau. Ensuite ils flottent tranquillement comme des pierres précieuses énormes que le soleil fait briller.
Le lundi 12 mars
Gaucha
J’ai profité des magasins à Calafate pour trouver une vraie de tenue de gaucha ! Une bombacha, pantalon d’équitation, et un béret (oui ça se porte ici aussi) car les chapeaux de cowboys ne sont pas très pratique dans cette région dominée par le vent. Voilà, je suis prête !
Le jeudi 15 mars
Ca y est, je suis dans l’estancia… Ce n’est pas le motard qui m’a déposé, mais le chauffeur de bus, donc tout s’est bien déroulé comme prévu. Ce matin, on a fait une première sortie dans les collines, demain à 7h, je pars compter les brebis avec un gaucho (le domaine fait 1800 hectares) puis on part dans le parc de Perito Moreno pour voir d’autres estancias et de rencontrer d’autres gauchos…
Sur la route 40 en Patagonie du sud dans la province de Santa Cruz
Je ne sais pas où je suis, oui dans un bus, mais je ne suis pas sure s’il va bien me déposer là où je devrais aller une estancia qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville Gobernador Gregores où le bus devrait faire un arrêt exceptionnel. Gobernador est située au centre de la province de Santa Cruz, dans le sud de la Patagonie.
Le problème c’est que le bus peut prendre deux itinéraires différents pour arriver à la ville de Perito Moreno, sa destination finale qui est à quelques 500 kilomètres de son point de départ. Le premier itinéraire passe par Gobernador et le deuxième passe par ailleurs… J’ai informé le chauffeur de bus, mais à cause des intempéries de ces derniers jours, certaines routes sont bloquées. Ça aurait bien si je parlais et comprenais un peu mieux l’espagnol…
Je viens de passer deux jours dans la ville toute au sud de la Patagonie : El Calafate. C’était un passage obligé car l’aéroport de Calafate est le plus près de l’estancia où je vais passer trois semaines. Enfin, la proximité est un terme assez large ici car depuis Calafate il m’attend un trajet de sept heures de bus afin d’arriver dans mon lieu de retraite…
Une retraite, c’est carrément ça ce qui m’attend car lorsque je regarde autour de moi, je vois un paysage étendue, mais complètement désertique. L’image qui défile est exactement celui du film Diarios de Motocicleta… Che Guevara et son pote Ernesto sont passés par ici, la Ruta 40. Cette fameuse route qui traverse de façon verticale l’Argentine se voit bitumer, mais la partie où je me trouve en ce moment est encore en terre battue.
De temps en temps un guanaco (lama) traverse en plein galop la route et ici là, on aperçoit de loin des troupeaux de brebis et de chevaux. En quatre heures, on a croisé exactement quatre voitures. Parfois, on voit sur le côté de la route un petit panneau avec le nom de l’estancia à qui appartient les terres, mais on aperçoit ni âme ni refuge…. Il n’y a donc rien. Pas de villages, pas de maisons et d’ailleurs pas de stations d’essence non plus, juste ce paysage où le vent rafle si fort…
Les bus en Patagonie parcourent des distances énormes et ne s’arrêtent pas souvent, logique car il n’y a pas de villages pour déposer des passagers où pour en récupérer. En revanche, cela ne dérange pas les chauffeurs de faire des arrêts exceptionnels, mais dans mon cas il faut vraiment que je sois sûre de l’endroit, sinon je risque de me trouver abandonnée au bord d’une route déserte… Sans portable, sans carte, sans eau, je me fais tout un film, dans lequel je serai sauvée par un bel homme en moto qui me dira de monter derrière. A toute à l’allure, les cheveux dans le vent, il me dépose alors saine et sauve à l’estancia…
Quelques heures plus tôt sur la route entre Calafate et Chalten
Cela fait deux heures que je suis dans un bus qui devait me déposer à Chalten (à 200 km de Calafate) où je devais prendre un autre bus en direction de la ville de Perito Moreno. Le départ de ce deuxième bus est prévu à 10h, mais il est déjà 10h35… Comment vais-je faire ? Je regarde de nouveau sur mon billet de bus et comprend maintenant pourquoi il y a écrit dessus "Importante : Cruce Ruta 40". En effet, le chauffeur aurait dû me déposer au croisement entre la route 40 et la route XX, là où il a bifurqué à gauche pour aller à Chalten et où il a quitté la Ruta 40.
Logiquement, le deuxième bus est déjà parti et on doit le croiser ici peu, car le bus est bien obligé de passer par ici avant de s’engager sur la Ruta 40 pour aller au nord. Je vais voir le chauffeur et lui explique le problème. Il me dit que je n’ai pas à me faire de soucis, qu’il arrêtera le deuxième bus quand on le croise. Je suis soulagée car ce deuxième bus ne circule que deux fois par semaine. A peine cinq minutes plus tard, on voit le bus arriver de loin.
Je prends mes affaires, mon bus s’arrête, mais l’autre continue à toute vitesse. Je lance un regard inquiète au chauffeur qui me rassure de nouveau "ne t’inquiète pas, je fais demi-tour, on va le rattraper". Chouette, il va y avoir un peu d’action. En revanche, je me sens un peu mal pour les 40 et quelques autres passagers qui se voient allonger leur trajet de bus. Quinze minutes plus tard, j’ai changé de bus et encore vingt minutes plus tard, on reprend la Ruta 40 en direction du nord…
Le mardi 13 mars
Glacier Perito Moreno
Quel merveille ce glacier… il faut l’avoir vu en vrai pour s’en rendre compte de son immensité. A côté de ce bloc de glace, qui fait environ 250 km2, on se sent néant. Le côté du glacier que l’on peut voir depuis le parc national Los Glaciares à une hauteur d’environ 170 mètres dont 100 qui sont sous l’eau!!
J’étais impressionnée par sa couleur aux tons bleus qui change en fonction du jeu du soleil et de l’ombre, par le spectacle sonore et visuel produit par les chutes de blocs de glace dans l’eau et des blocs qui se détachent au-dessous de l’eau et resurgissent ensuite avec une vitesse énorme de l’eau. Ensuite ils flottent tranquillement comme des pierres précieuses énormes que le soleil fait briller.
Le lundi 12 mars
Gaucha
J’ai profité des magasins à Calafate pour trouver une vraie de tenue de gaucha ! Une bombacha, pantalon d’équitation, et un béret (oui ça se porte ici aussi) car les chapeaux de cowboys ne sont pas très pratique dans cette région dominée par le vent. Voilà, je suis prête !
Le jeudi 15 mars
Ca y est, je suis dans l’estancia… Ce n’est pas le motard qui m’a déposé, mais le chauffeur de bus, donc tout s’est bien déroulé comme prévu. Ce matin, on a fait une première sortie dans les collines, demain à 7h, je pars compter les brebis avec un gaucho (le domaine fait 1800 hectares) puis on part dans le parc de Perito Moreno pour voir d’autres estancias et de rencontrer d’autres gauchos…
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